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A Toulon Congrès, votre speech d'inauguration sans hic et sans couac

Conseils éclairés pour tous les organisateurs de congrès qui craignent de prendre la parole en public. A lire sans tarder, à méditer sans complexes.

Publié le 05/07/2016

Directeur des Affaires Culturelles à la Ville de Toulon, Rémy Kerténian est historien de l’art. de formation. Très sollicité, enraciné dans le paysage culturel régional, il sait captiver ses auditoires par sa maitrise de la rhétorique. C’est à l’air libre, sur le parvis du Palais des Congrès Neptune, que nous échangeons avec Rémy Kertenian sur l’art de fabriquer « le bon discours ». 1/Est-il normal d’avoir le trac ? Bien entendu… cependant nous sommes très inégaux face à ce phénomène. J’ai la chance d’en être épargné. Pour autant, le meilleur moyen de se rassurer c’est tout d’abord de posséder son sujet au maximum, de structurer le contenu de son intervention en fonction du temps imparti et d’autre part, d’accepter le fait que nous ne soyons pas des machines. Le trac déclenche aussi de l’énergie, qu’il faut canaliser. Là aussi chacun ses trucs : respiration, répétition, visualisation des situations, la bonne vieille méthode d’Emile Coué, etc… 2/Et si je perds mes mots au beau milieu du speech, comment rebondir ? Par un sourire bien entendu… Ce n’est pas grave. Ce n’est pas une pièce de théâtre dans laquelle d’autres acteurs seraient impliqués… Vous êtes seul à prendre la parole donc no stress. C’est évidemment plus gênant sous vous devez être médiateur lors d’un débat… Mais là il faut tout autant assumer, sourire et s’excuser auprès de ses interlocuteurs… 3/Comment captiver un public ? Se renseigner avant si possible sur le public attendu pour adapter au mieux son discours. Rendre vivant ses propos en donnant son avis, ne pas tout dire pour permettre au public de poser des questions. D’ailleurs, pensez à valoriser une question si elle est pertinente car, si la rhétorique est un art, elle doit aussi prendre en compte la dialectique. N’oubliez pas non plus que tous les regards sont tournés vers vous… Donc, regardez le public, n’ayez pas le nez collé sur vos notes. Laissez également vos mains s’exprimer par une gestuelle impliquant l’assistance, contrôlez et stabiliser votre présence corporelle… et n’oubliez pas l’humour, sans pour autant paraître désinvolte. 4/Dans la « fabrication » de l’intervention orale, quels seraient à votre avis les principaux écueils à éviter ? Faire l’inverse de ce que je vous ai répondu aux trois premières questions. 5/Votre ou vos orateurs (trices) favoris dans l’Histoire ? Difficile question. Bon à tout seigneur tout honneur : Démosthène. Mais, j’ai toujours été bluffé par les inénarrables conférences de presse données par le Général de Gaulle, regardez-les, c’est impressionnant. Beaucoup plus personnellement j’ai été très souvent fasciné par les prises de paroles d’Edmonde Charles-Roux, qui savait nous emmener en voyage avec elle… Un talent de conteuse, une culture immense et une voix merveilleusement précise. 6/Accepteriez-vous de dévoiler l’un de vos secrets de conférencier ? Le pire et ce dans tous les sujets, même les plus rébarbatifs, c’est la monotonie du discours. Il faut donc être audible, sans hurler, articuler et mettre du rythme avec des accélérations, des haussements de voix sur les points importants, faire de l’humour pour capter l’auditoire entre chaque notions un peu ardues ou très pointues… Pour ses généreux conseils immédiatement applicables, un grand merci à Rémy Kerténian, Directeur des Affaires Culturelles à la Ville de Toulon. Propos recueillis par Fanny Masseron-Mostefa